Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 12:19

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Exposition du 21 au 29 avril 2010 Vernissage le mercredi 21 avril à partir de 18h

La 3ème Porte Bleue, 24 place Sainte Marthe, 75010 Paris (ouvert du lundi au dimanche, de 13h à 20h)

Contact :snaexposition2009@gmail.com

Tel : 06 28 27 34 48

Entrée gratuite

   

ANN Guillaume, Bertrand Planes, Ivan Argote, Jean-Benoît Lallemant, Nikolas Fouré, Pauline Bastard, Gyu-seok Yeon, Vlad&Alina Turco     

    Depuis que l’expérience esthétique est commandée par des dispositifs et des procédures qui fonctionnent comme des œuvres (happening, art conceptuel, installation, performance, etc.), l’art ne cesse de produire des récits mythiques qui s’interrogent sur la limite entre l’art et le banal. Par exemple, la boite de Brillo, exposée en 1964 par Andy Warhol à la galerie Stable à New York, sollicite une analyse philosophique permettant de savoir pourquoi une reproduction d’un produit marchand, trop banal et couvert de sérigraphies, est une œuvre d’art. Il semble que cette transgression artistique par rapport à la tradition des beaux-arts jusqu’au XIXe siècle et à la norme esthétique conçue après l’apparition de la notion de l’espace public au XVIIIe siècle provient de ce qu’on appelle « la fin du régime d’objet » (1) et d’un environnement artistique institutionnalisé où les œuvres se multiplient et se standardisent en devenant accessibles à la consommation dans la société de mass-média (2). 

 

   La pratique artistique subversive de l’avant-garde, qui donne une liberté infinie aux artistes modernes, et d’un autre côté la marchandisation de l’art et de la culture dans la société postmoderne, ont engendré une situation polémique en France dans le milieu de l’art visuel. Dans les années quatre-vingt, Thierry de Duve remarque qu’il n’y a pas de règles, ni de lois, ni de critères permettant d’évaluer la qualité artistique dans le readymade considéré comme « pluraliste », et que l’art sombre dans l’éclectisme dominé par le marché de l’art. La liberté artistique et démocratique n’est qu’illusoire et relative à la doctrine de l’universalité capitaliste (3). Il semble que l’art se soit davantage ouvert au grand public en vertu de sa valeur marchande. Marchands et artistes s’allient et cherchent à faire croire à une valeur transcendante dans l’art. Depuis la fin des années quatre-vingt, nous avons eu affaire à de nombreux débats lancés contre l'art contemporain par des intellectuels comme Jean-Philippe Domecq, Jean Clair, Marc Fumaroli, Jean Baudrillard, etc. Dans son ouvrage intitulé La crise de l’art contemporain, publié en 1997, Yves Michaud dresse une liste illustrant les expressions virulentes du rejet : « l’art contemporain est nul, il est officiel, il est truqué, il témoigne d’une histoire épuisée etc… »(4). La même année, la sociologue Nathalie Heinich publia plusieurs études relevant les réactions du public envers les œuvres d’art contemporaine (5). Pour le grand public, l’art contemporain déçoit, parce qu’il ne sert pas des intérêts esthétiques, mais politiques et économiques. Tous ces problèmes ont un lien fondamental avec la politique culturelle française soutenant l’art moderne et contemporain par une vision utopique de la démocratie moderne, depuis la création du Ministère de la Culture. On croyait en effet qu’on pouvait construire le sentiment universel de sympathie (norme esthétique) grâce au « ciment social ». Mais cette démarche politique idéaliste s’est effondrée à l’heure du libre-échange et de la mondialisation.

 

   Très peu de gens adhère aujourd’hui à la communauté de l’art contemporain tandis que la majorité reste indifférente à son évolution. Quant aux professionnels de l’art, eux-mêmes se lancent dans des débats visant à s’attaquer mutuellement ou encore à se défendre vis-à-vis des autres. Le consensus universel n’est plus qu’un mythe face au « dissensus » effectif dans le monde de l’art.  

 

   L’exposition Something, Nothing, Anything s’intéresse à cette circonstance polémique ; l’art contemporain est un espace où s’affrontent les opinions et les jugements vis-à-vis des œuvres exposées. Comme le souligne Yves Michaud, « tout le monde a la certitude du caractère universalisable de son expérience mais personne ne convainc personne quand il y a désaccord » (6). Soit « profane », soit « expert », aucun jugement ne peut être supérieur par rapport aux autres. Dans ce contexte pluraliste, personne n’a le droit d’imposer son goût aux autres, parce que chacun possède sa propre vision esthétique.

 

   Dans cette exposition, nous présentons plusieurs œuvres/objets destinés au jugement des regardeurs. La plupart des œuvres ont été spécifiquement créées pour l’exposition par de jeunes artistes ayant une réflexion pertinente sur l’art contemporain et sa réception : l’artiste ANN Guillaume s’interroge sur la limite entre l’œuvre et le matériel à travers quelques objets produits accidentellement pendant la création de ses œuvres. Bertrand Planes expose l’œuvre Balai composée de quelques objets quotidiens. Ivan Argote présente un montage de vidéo illustrant une situation comique dans une galerie d’art. Encyclopedia of Contemprary Art in the World de l’artiste Jean-Benoît Lallemant propose une vision internationale de la notion d’art contemporain. Nikolas Fouré s’intéresse particulièrement à la valeur et à la qualité artistique dans son propre travail intitulé Geometric Foam. Pauline Bastard transforme la banalité en art à travers une procédure artistique duchampienne. Yeon Guy-seok présente quelques fragments des monuments historiques et les exposent en tant qu’œuvres d’art. Le couple d’artistes Vlad&AlinaTurco s’interroge sur la valeur marchande dans l’art avec un billet de 50 euros destiné à la vente.

 

   Cette exposition appuie finalement l’ambiguïté artistique en présentant plusieurs œuvres relevant de la banalité, de l’insignifiance, de la simplicité, de l’extravagance, de l’inutilité, de l’absurdité, de l’aspect comique et s’intéresse aux réactions du public plutôt qu’aux œuvres. Nous souhaitons que cette présentation soit une porte ouverte à une démarche pluraliste ; aucun des artistes présents ne prétend que son œuvre n’a la même valeur pour tout le monde. Nous respectons et invitons tous les types de critiques (krino : trier, choisir, faire un choix et prendre une décision) et de jugements (art/non-art, œuvre/déchet, intéressant/indifférent, indigent/excellent, beau/laid, bien/mal, etc.). Something, nothing ou anything, c’est à vous de juger ou d’interpréter. L’expérience esthétique sera désormais le fruit de votre propre regard, en accord avec une démarche démocratique pluraliste. 

 

Texte écrit par Gyu-seok Yeon

   

 

(1). Yves Michaud, l’art à l’état gazeux, essai sur le triomphe de l’esthétique, Paris, Hachette Littératures, 2003, p. 11.

(2). Ibid., introduction, p. 9-12.

(3). Thierry de Duve,  Au nom de l’art, pour une archéologie de la modernité, Paris, Les Editions de Minuit, 1989, chapitre Fait n’importe quoi.

(4). Yves Michaud, La crise de l’art contemporain, utopie, démocratie et comédie, Paris, presses universitaires de France, 4e édition, 2008 (1ère édition : 1997, octobre), P. 18.

(5). Nathalie Heinich,  L’art contemporain exposé aux rejets, Paris, Hachette Littératures, 2009. Ouvrage publié en 1ère édition sous la direction d’Yves Michaud, édition Jacqueline Chambon, Nîmes, 1997.

(6). Yves Michaud, La crise de l’art contemporain, utopie, démocratie et comédie, p. 244.

 

 

 

 

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  ANN Guillaume

 

  Porte (2009) ©Courtesy de l’artiste

 

     Répondant aux motivations de l’exposition Something, Nothing, Anything cette installation a pour intérêt d’être quasiment invisible. L’accrochage de cette pièce laisse croire à un oubli. L’apparence trompeuse de ces objets dont l’aspect et la matière ont subi des mutations a pour objectif de mettre à jour l’instabilité du sujet et de révéler la vibration engendrée par le va et viens entre les différents états qui les caractérisent.  

   Porte est ce qui demeure d’un tout. Initialement, Porte est ce qui reste d’une plaque de contre plaqué 150 x 300cm imprimée d’un motif bois et découpée en son centre en 19 triangles isocèles de 50cm de côté environs. L’intérieur de cette plaque de bois est aujourd’hui une œuvre nommée Protogéode. Cette découpe, par son matériau, son format et sa couleur, s’apparente dans le langage visuel courant à une porte. Adossée contre un mur, Porte, joue avec les apparences tout comme la série des Vrais Faux.

 

 

 

 

 

Bertrand Planes   Image500.jpg

 

Balai (2008)

Balai et ballon d'hélium   ©Courtesy Galerie JTM

     « Je vois les choses en termes de connexion. Des connexions avec des univers antagonistes ou décrétés incompatibles. Mon travail n’évoque finalement qu’une méthode de vie. Les résultats directement esthétiques ne m’intéressent pas. Mais le cheminement, oui. Je pense que d’une certaine manière la beauté peut ressortir d'un mécanisme qui fonctionne parfaitement.  

   Je me suis récemment rendu compte que je fais cela car je suis persuadé qu’il y a une façon d’être, de vivre, de fonctionner, de réfléchir, de percevoir, qui est plus adaptée. À la cohabitation de tout le monde, à la fluidification de tout ce qui se trame. J’ai du mal à le percevoir encore de façon très claire. Ce qui m’empêche de la véhiculer par les mots, c’est justement qu’elle essaie d’échapper à la codification. Je suis sûr que dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, il y aura un peu de ça si on veut continuer à fonctionner, à avancer. Un peu de ce que j’essaie de dire, de cette méthode. De croiser les choses, de dédramatiser. Ce que j’essaie de faire n’a rien d’intellectuel. C’est un objet, un produit qui fonctionne. »     Propos recueillis par Corentin Hamel,  Paris, été 2008


 

  Ivan Argote   Ivan400.jpg

  Very good (2010)  ©Courtesy de l’artiste

 

   Ivan Argote est un jeune artiste colombien apparu sur la scène artistique française en 2007. Depuis quelques années, il entretient une relation didactique avec l’artiste Pauline Bastard. Par l’entremise de ce dialogue, il dévoile sa passion pour la vie quotidienne dans de grandes agglomérations. Son travail prend appui sur une observation très attentive des relations humaines, à travers des gestes et des contacts sociaux qu’il considère comme une « matière première » pour sa création. Il utilise des dispositifs de mise en scène engendrant des situations diverses dans des espaces publics. L’oeuvre intitulée I just want to give you money suscite une réaction immédiate de la part des usagers du métro qui sont confrontés à une situation inattendue : au lieu de demander l’aumône, Ivan offre aux passagers une pièce de monnaie, mais personne ne s’en saisit par peur de ce qui va se produire. Quant à l’œuvre intitulée Birthday, l’artiste demande aux passagers d’un ascenseur de lui chanter une chanson d’anniversaire. Le travail d’Ivan Argote se caractérise donc par cette ambiguïté relative de l’échange et du jeu dans l’espace urbain, amorçant une réflexion sur les rapports humains dans la société contemporaine. 
   Pour l’exposition Something, Nothing, Anything, l’artiste dévoilera quelques nouvelles pièces : l'objet intitulé Very good est un ‘V’, un signe d'approbation comme ceux que l'on marque sur les formulaires. Cet icône, issue d’un signe graphique, prend du volume et crée ainsi un rapport d’étrangeté avec l’environnement et les choses qui l'entourent. Pose-t-il un jugement sur le monde qui le regarde ou se juge-t-il lui-même? L’autre pièce intitulée Bound to change (Voué à changer) est une vidéo dans laquelle on voit l'artiste changer l'accrochage de quelques galeries d'art contemporain. Ces deux pièces proposent un questionnement autour de la vie des œuvres d'art à l'intérieur d'un espace d'exposition.

 

 

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  Jean Benoit Lallemant   

 

 Encyclopedia of contemporary art in the world using www.google.com/language tools (2010), impression sur papier   ©Courtesy de l’artiste

 

 

   Ce livre d’artiste s’apparentant à une encyclopédie, rend compte de la représentation internationale de l’art contemporain sur internet.  

   Le site www.google.com/language_tools répertorie tous les domaines pour lesquels Google propose une version locale de son site (par exemple“.fr” pour la France, “.ge” pour l’Allemagne) ainsi que des versions personnalisées par langue. La possibilité de traduire des mots dans de nombreuses langues y est aussi offerte. C’est à partir de cet outil qu’a été conçu ce volume.  

   L’expression “contemporary art” a été traduite dans chaque langue officielle, puis écrite dans le domaine du pays lui correspondant pour y faire une recherche par image. Seules les 9 premières images fournies ont été retenues. 

Cet outil a ainsi permis de faire une recherche sur 97 pays (ou domaine local) et 6 langues sans domaines affiliées. Au total, ce sont 912 images portant sur une recherche de 59.699.888 entrées qui sont reproduites dans cet ouvrage.

Archivées pays par pays, dans l’ordre proposé par Google et à la manière des planches d’illustration de l’Encyclopédie de Diderot, ces images sans légende, livrées au caractère systématique de cette organisation, ne sont plus que le reflet d’elles-mêmes. En les confrontant, l’évidence d’une occidentalisation de la conception d’ « art contemporain » se dégage. Le lecteur s’apercevra aussi de la prégnance de certaines représentations : institutions muséales dédiées à l’art contemporain et arts qualifiés de traditionnels dans les pays non occidentaux. La pauvreté du papier sur lequel ce livre est imprimé en fait un objet de consommation immédiat en rupture avec le statut intemporel et figé de l’Encyclopédie. Ainsi, le support est en relation directe avec cette profusion d’image que fournit le web, où seul un principe d’archivage permet d’y retenir des informations plus générales.  

   Il s’agit ici du premier volume, d’autres seront réalisés dans les années à venir et permettront ainsi d’élargir l’étude dans le temps.

 

 

Nikolas Fouré     

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  Geometric Foam (2010) ©Courtesy de l’artiste  ©Courtesy de l’artiste

 

   Il s’agit d’une sculpture composée de 137 bombes de mousse polyuréthane assemblées les unes aux autres par une sangle de couleur orange. Ces objets/matériaux que sont les bombes de mousse expansive sont ici utilisés à des fins plastiques pour ce qu’ils sont - des cylindres de métal brillant nettoyés de leurs étiquettes commerciales - et non pour ce qu’ils contiennent. Bien sûr, leur contenant active leur mémoire : une mousse polyuréthane employée pour le bricolage et bien souvent dans la construction sculpturale. Par cette dialectique des questions propres à la sculpture sont mises en jeux : forme/informe, intérieur/extérieur, surface/volume… L’agglomérat de cette multitude de cylindres dessine un hexagone, une structure alvéolaire, entre nid d‘abeilles et stockage de munitions (le nom de l’objet n‘étant pas pour rien dans cette allusion). 

   Comme pour d’autres projets tel Yaourt Light, l’emploie d’objets à «faible valeur ajoutée» m’intéresse pour leur faible qualité plastique mais aussi -justement- par la dimension de sublimation (transformation) implicite à leur multiplication.

 

 

Pauline Bastard     

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Fontaines, pompes à eau, déchets et eau, 2009  ©Courtesy de l’artiste

 

   « Réalisées à partir de déchets dépourvus de valeur aux yeux de la société de consommation, ces petites sculptures se déplacent, tournent ou lancent de l’eau et viennent discrètement investir notre espace. Seuls les moteurs cachés diffusent un son mécanique et monotone qui renforce la timide présence de ces objets ordinaires, qui endossent alors un rôle aussi nouveau que surprenant. »   Commentaire sur l’œuvre Fontaines écrit par Sári Stenczer à l’occasion de 54e salon de Montrouge    

   Le travail de Pauline Bastard a quelque chose de magique: il consiste à transformer notre environnement quotidien en art. Ses œuvres présentées depuis quelques années dans des galeries et des centres d’art témoignent d’une réflexion pertinente sur la matérialité de l’objet ; l’artiste utilise des rebuts quotidiens, des outils technologiques obsolètes, des images et des vidéos récupérés sur internet, autant de choses et de données disponibles qu'elle réorchestre dans des saynètes et des mini fictions. Elle joue sans cesse avec les codes de l'esthétique, notamment avec ses Fontaines (2008) faites de déchets à travers lesquelles elle pose la question de la beauté et de la laideur. Dans Sunset, elle interroge la frontière entre le vrai et le faux en inventant un malicieux trucage avec un sac plastique. Enfin, ses Golden trashes, déchets sur lesquels elle applique une feuille d'or, par exemple autour d'un vulgaire chewing-gum mâché, choquent la notion de valeur. Au final, on ne sait plus si ces mises en scène anoblissent les rebuts ou si inversement, elles contribuent à les ridiculiser. Les œuvres de Pauline Bastard s’affairent à démonter en douceur les échelles de valeurs implicites de l'art contemporain. Le tout avec trois bouts de ficelle, deux sacs plastiques et un papier de Kinder. Un peu « David face à Goliath » et un peu « Mac Guyver », elle élabore soigneusement des pièces qui réaniment objets et matériaux morts grâce à leur simplicité et à leur efficacité plastique.

 

   

 Yeon Gyu-seok Icone72Louvre1-1.jpg

 

  Louvre-Original I.1/4, 2010, 20x24cm   ©Courtesy de l’artiste


     Le travail de Yeon Gyu-seok est une tentative artistique visant à réintroduire la notion d’authenticité dans l’art en observant le rapport qu’entretiennent tourisme et découverte culturelle. L’artiste expose des morceaux de monuments historiques en tant qu’œuvre autonome et unique. Pour l’exposition Something, Nothing, Anything, Yeon Gyu-seok présentera pour la première fois la série intitulée Louvre-Original. Cette série composée de quatre pièces a été réalisée à partir des morceaux du Musée du Louvre abandonnés pendant les travaux de rénovation du département des Arts de l’Islam en 2009. L’artiste a récupéré des fragments du bâtiment avec l’intention de les valoriser à travers sa démarche artistique.   

   Le Musée du Louvre, patrimoine emblématique des arts classiques, devenu aujourd’hui un espace de culte pour les touristes, est ainsi considérée comme une véritable œuvre «auratique», au sens où aurait pu l’entendre Walter Benjamin.  

 

 

Vald et Alina Turco  

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50euros TTC, billet de 50euro encadré, vendu à 50euros, 20x30cm   ©Courtesy de l’artiste

 

   S’intéressant au système et au code social du monde de l’art, le couple d’artistes Vlad et Alina Turco présente depuis quelques années des œuvres surprenantes remplies d’humours et d’ironies. L’enjeu principal du travail de ces artistes s’articule autour du processus de réception de l’œuvre, dans lequel le public prend une part importante, en vertu de ses réactions diverses. 

   L’œuvre intitulée 50euros TTC représente bien l’esprit artistique de Vlad et Alina Turco. Il s’agit en effet d’un vrai billet de 50euros destiné à la vente dans une exposition (le prix de l’œuvre est fixé à 50 euros, soit la valeur du billet). Le but de cette œuvre est de réussir à piéger le public tout en provoquant un sentiment de vide et d’insignifiance. Cette œuvre soulève finalement la question de valeur de l’objet d’art souvent surestimée dans la spéculation du marché économique.

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                          LogoPartenaire.jpg     Logo3PBLa 3ème Porte Bleue

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